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Pierre Salama

Heurs et malheurs de la financiarisation au Brésil


par Pierre Salama

29 juin 2014

Peut-on considérer qu’au Brésil il y ait une financiarisation heureuse ? Dans un monde où l’essor de la finance s’accompagne d’une inégalité de revenus croissante, d’une précarisation des emplois en forte hausse, d’une désaffiliation importante et d’une tendance à la stagnation des salaires réels, le Brésil se détache par sa singularité. D’un côté, la finance se développe, le crédit prend son essor, les réserves internationales augmentent, et d’un autre côté, la pauvreté baisse, les inégalités de revenus diminuent légèrement, les salaires augmentent, le ratio emplois formels/emplois informels s’améliore, le chômage est en baisse et les capacités de production oisives restent réduites. Une telle situation surprend. Cependant, le taux de turn over de la main-d’œuvre est plus élevé que dans les pays avancés et à l’égal de ce qu’on observe dans les pays avancés, le taux d’investissement reste à un niveau faible alors même que le versement de dividendes augmente considérablement, la relation profit - investissement devenant de plus en plus lâche. A l’inverse enfin des pays avancés, la désindustrialisation apparaît alors même que le revenu par tête y est plus faible. La désindustrialisation dite de ce fait « précoce », se rapproche d’un point de non retour au Brésil, les importations augmentent vertigineusement, surtout celle des biens industriels de moyenne et haute technologie.

Il en est de la financiarisation comme des miracles : ce sont le plus souvent des mirages. Déjà, la croissance ralentit fortement et la hausse des salaires réels devient de plus en plus modeste, laissant présager des retournements au détriment de salariés.La financiarisation apparemment « heureuse » en rasions de l’absence d’effets négatif sur l’emploi et les salaires, tend à muter en une financiarisation « dangereuse » à l’égal de ce qu’elle est dans les pays avancés.

Aussi, l’objet de cet article est-il de chercher à établir des liens entre la financiarisation et le marché du travail. Les relations entre la finance, et à fortiori la financiarisation, et le travail sont fétichisées et complexes. Fétichisées, parce que la finance et le travail semblent opérer l’une et l’autre dans deux domaines étanches : l’argent parait s’autonomiser, et tel le miracle des petits pains, produire de l’argent à partir de lui-même, sans que cela ait à voir avec le travail et les conditions de travail. Complexes, parce que des relations existent entre le développement de la finance et les conditions de travail (montant des salaires, emploi et types d’emplois) et qu’il est particulièrement difficile à déchiffrer en raison de la globalisation financière.

Après avoir défini les termes que nous utilisons et souligné l’originalité de la voie brésilienne, nous en montrerons les limites.

Pierre Salama et Professeur émérite, université de Paris 13, chercheur au Cepn-Cnrs, dernier livre paru au Brésil : O desafio das desigualidades, America latina/Asia, uma comparaçao economica, ed. Perspectiva ; dernier livre paru : Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis, ed A.Colin, en cours de publication au Brésil. Page web : htpp ://perso.wanadoo.fr/pierre.salama/..

Pierre Salama : Heurs et malheurs de la financiarisation au Brésil (PDF) 1 Mo


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