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CADTM

Interview de Emilie Atchaka du CADD Bénin/ CADTM International Bilan du FSM de Belém


par CADTM

5 février 2009

Quel bilan tires-tu de cette huitième édition du FSM à Belém ?

Comparativement au FSM qui s’est tenu à Nairobi au Kenya, ce FSM est une réussite, et ce sur plusieurs plans. D’abord, la présence active des mouvements sociaux dans le processus, très visibles dès la marche d’ouverture, est un point très positif. De plus, l’intervention des peuples d’Amazonie a été remarquable et doit être soulignée. Enfin, la présence de nombreux jeunes sur ce forum est également un point positif. Ce que je retiens de ce FSM, c’est que la voix des mouvements sociaux s’est réellement fait entendre dans cet espace de dialogue qu’est le Forum.
Quant à la volonté du Conseil International d’organiser l’Assemblée des assemblées l’après-midi du dernier jour, on peut dire que c’était une bonne idée, mais que dans les faits, l’initiative n’était pas vraiment réussie. Les conditions n’étaient pas réunies pour en faire un succès. Le lieu choisi pour tenir cette assemblée (en plein air) et l’absence de traduction ont posé problème. Cette assemblée était censée fournir aux participants une sorte de résumé des thématiques et alternatives abordées pendant ce Forum. Malheureusement, en l’absence de traduction, je n’ai rien pu retirer de cette assemblée, et il me sera impossible d’en faire la restitution à mes camarades du Bénin à mon retour.

Comment évalues-tu l’action du CADTM dans ce Forum ?

Je suis très satisfaite de l’action du CADTM. Le réseau CADTM International a toujours le souci de faire participer le plus possible ses membres du Sud, et cela s’est encore vérifié sur ce forum avec la présence de camarades de Côte d’Ivoire, de la République Démocratique du Congo, du Togo, de l’Inde, du Pakistan etc. De plus, lorsque l’on participe à ce genre d’événements, tout le réseau se prépare et se coordonne en amont afin que chaque membre de la délégation ne soit pas un simple spectateur, mais qu’il prenne réellement part aux activités en tant qu’acteur. L’ensemble du travail se réalise dans une ambiance simple, conviviale et solidaire, tous les membres de la délégation étant sur un même pied d’égalité. Sur les activités du CADTM et son rôle dans le Forum à proprement parler, on peut dire que notre objectif a été rempli à 95%. Seules 2 activités n’ont pas rencontré le succès escompté, mais nous les avons quand même tenues.
A propos de notre apport d’un point de vue théorique, il faut souligner que l’analyse du CADTM établit systématiquement un lien entre les thématiques traitées généralement dans le Forum et l’actualité. Les alternatives proposées par le CADTM s’inscrivent dans un cadre global, si bien que nos revendications spécifiques sont reliées aux autres revendications, plus larges, qu’on a pu entendre à Belém.

Quel a été ton rôle dans ce Forum ? Et plus spécifiquement, quel travail as-tu réalisé autour de la lettre d’interpellation des mouvements sociaux aux chefs d’Etat africains ?

J’ai d’abord participé à l’activité intitulée « Biens publics mondiaux : pour une redistribution globale », en tant que modératrice. J’ai également présenté un exposé dans l’activité sur les vraies causes de la crise alimentaire. Pour cette activité, pour la première fois, j’ai eu la chance de parler aux côtés d’une parlementaire (Gabi Zimmer, eurodéputée allemande, membre du groupe Gauche Unitaire Européenne), chose qui ne m’était jamais arrivée, même dans mon pays. Pour la première fois également j’ai pris part, en tant que représentante de ROAD, |1.|au Conseil International du FSM qui s’est réuni à l’issue du Forum, les 2 et 3 février.
J’ai eu par ailleurs pour mission de lire publiquement, lors de l’Assemblée des Mouvements Sociaux (AMS), la lettre d’interpellation des mouvements sociaux aux chefs d’Etat africains et à l’Union africaine et de collecter des signatures. Cette lettre, rédigée lors du Forum Social Africain en novembre 2008 à Niamey, a eu un franc succès puisque j’ai récolté 300 signatures, de plus de 100 organisations ou mouvements différents. Face à cette crise du capitalisme qui touche déjà et va continuer à toucher l’Afrique, ce texte exige des chefs d’Etat qu’ils prennent des mesures radicales en faveur des plus vulnérables et qu’ils s’occupent enfin du développement de leurs pays. Sur le camp de la Via Campesina, où a eu lieu l’AMS, j’ai eu des échanges très enrichissants, et ce malgré la barrière de la langue, et j’ai récolté de nombreuses signatures. J’y ai rencontré des frères, car je viens d’un pays où, dans le cadre de la traite des noirs, beaucoup ont été déportés au Brésil. C’était une expérience forte et j’en garderai un très bon souvenir.


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