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Stephen Nisbet

L’assainissement des banques, clé de sortie de crise pour le FMI


par Stephen Nisbet

25 mai 2009

La réponse internationale à la crise économique est satisfaisante en termes de politique monétaire et budgétaire mais il faut faire davantage en matière de régulation financière transfrontalière, déclare Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

En visite en Autriche, il a salué la façon dont les principales banques centrales mondiales ont réagi et coopéré face à la crise. Il a également largement soutenu la réponse budgétaire des Etats, estimant que ces mesures devraient empêcher que la "grande récession" en cours débouche sur une nouvelle "Grande dépression" comme celle qu’avaient subis les Etats-Unis dans les années 1930.

Il a expliqué que la relance dépendait essentiellement de l’assainissement des banques dont les actifs se sont révélés toxiques depuis que la crise du marché hypothécaire américain a pris de l’ampleur en 2007.

"Je suis ravi de pouvoir dire qu’il y a des points positifs partout, des lueurs d’espoir, comme a dit le président Obama, et c’est vrai", a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. Mais d’autres forces négatives sont encore actives, a-t-il poursuivi, soulignant le besoin de restaurer la confiance des banques pour restaurer des prêts normaux.

" Vous ne guérirez pas tant que le ménage (...) n’aura pas été fait."

Tout se disant globalement satisfait de la réponse macroéconomique des banques centrales et des Etats, Strauss-Kahn a mis en garde de toute complaisance et jugé nécessaire une plus grande coopération internationale pour rendre plus sûres les opérations financières transfrontalières.

"La crise n’est pas terminée, et il y aura, selon toute vraisemblance, d’autres tests", a dit Strauss-Kahn lors de son discours, dont le texte a été distribué par le FMI.

FLEXIBILITÉ AUJOURD’HUI, RIGUEUR DEMAIN

"Les leaders mondiaux ont adopté le multilatéralisme et en récoltent les effets", a-t-il dit. "Des véhicules comme le G20 ont été utilisés pour coordonner les politiques et unifier le message délivré."

"Cela constitue une différence importante par rapport à l’expérience de la Grande dépression, et c’est selon moi l’une des principales raisons pour lesquelles nous éviterons presque certainement le scénario de la Grande dépression cette fois-ci, même si nous vivons quelque chose que nous pourrions appeler la Grande récession", a déclaré le directeur général du FMI.

Le FMI table sur un PIB mondial en baisse de 1,3% cette année, la première récession à l’échelle de la planète depuis la crise des années 1930.

"Les résultats en matière de régulation financière transfrontalières sont moins bons et il reste beaucoup à faire", a dit Strauss-Kahn. "Je ne minimiserai pas l’importance des défis. C’est une chose de donner plus de moyens au FMI, de coordonner les injections de liquidités ou la relance budgétaire dans tous les pays. C’en est une autre de modifier les législations nationales conformément aux accords internationaux."

Il a estimé aussi que les pays de la zone euro n’avaient pas besoin de l’aide du FMI pour résoudre leurs difficultés.

" Je crois que l’Union européenne elle-même et la BCE (la Banque centrale européenne) ont la possibilité de gérer ", a-t-il dit. "Je crois qu’ils n’ont pas besoin et qu’ils n’ont pas envie de l’aide du FMI."

Strauss-Kahn a rappelé que les Etats devraient rembourser l’argent injecté dans leurs économies en réaction à la crise.

"Nous ne devons pas oublier que les pays ont besoin de stratégies de sortie crédibles", a-t-il dit. "En matière de politique budgétaire, il y a un temps pour semer et un temps pour récolter, et les politiques flexibles d’aujourd’hui devront aller de pair avec des politiques rigoureuses demain."


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