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José Bodes Gómez

Le cauchemar de la dette


par José Bodes Gómez

7 mars 2009

Publié en espagnol à La Havane dans le quotidien Globalización à l’occasion de la XI Rencontre internationale d’Economistes sur les problèmes de la Globalisation et du Développement. Mercredi 4 mars 2009

Le fantôme de la dette externe a survolé durant deux heures l’auditoire de la salle 4 du Palais des Conventions et il était logique qu’il en soit ainsi parce que s’y tenait la commission des Finances de la Rencontre Internationale des Economistes sur la Mondialisation et les Problèmes du Développement.

Le débat du matin s’est animé après que le professeur belge Eric Toussaint, président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, ait donné l’alerte sur le fait que nous nous dirigeons vers une nouvelle crise de l’endettement dans la plus grande partie des pays sous-développés.

Cette crise sera une séquelle de la crise globale, la plus importante, parce que les économies émergentes qui pourront résister à la chute des prix des matières premières sur le marché mondial sont peu nombreuses.
Peut-être y aura-t-il une brève remontée des prix dans un an ou deux, signale Toussaint, mais nous vivons une crise mondiale qui peut durer 10 ans.

L’économiste belge exhorte à agir rapidement et à adopter une stratégie adéquate, thème qui fut abordé aussi par les deux orateurs suivants mais avec des nuances différentes.
Le directeur de la Banque centrale d’Argentine, Arturo O’Connel, est d’accord avec le fait que les pays sous-développés devront adopter une stratégie basée davantage sur la demande interne que sur les exportations.

A ce sujet, il signale que certains croient que la crise actuelle sera passagère et que très vite, nous retournerons à la norme de la période antérieure, mais dans les dernières années - a-t-il souligné - les pays sous-développés se sont convertis en fournisseurs de ressources les plus importants des pays développés.

Selon les statistiques de la Banque mondiale, citées par Toussaint dans son exposé, dans la période 1985-2007, le transfert net de capitaux des pays pauvres en faveur des pays riches a atteint 759 milliards de dollars.
O’Conell critique le langage triomphaliste de la propagande qui présente comme de grands succès les prêts des organismes internationaux alors qu’en réalité, souligne-t-il, ce financement équivaut à un endettement.
L’orateur fustige la politique économique pratiquée dans les années 1990 par les administrations de Carlos Menem et Fernando de la Rúa.
Ils ont été plus catholiques que le pape en matière de libéralisation de l’économie, commente t-il, et le même le Fonds monétaire international reconnaît que l’ouverture financière a été préjudiciable aux pays en développement.

Pour sa part, le président de la Banque centrale d’Uruguay, Mario Bergara, avertit que pour des petits pays, comme le sien, il n’est pas possible de « fermer les frontières » parce que le taux de l’épargne interne est très bas et la taille du marché domestique, très petite.
Le conférencier a souligné que l’Uruguay a appris les leçons de la crise financière de 2002 et que sa politique dans ce domaine est régie depuis lors par la prudence.

Traduction par Denise Comanne


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