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Sylvain Cypel

Le nouveau plan bancaire américain au secours des propriétaires insolvables


par Sylvain Cypel

9 février 2009

Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor de Barack Obama, n’entend pas injecter dans le système bancaire américain des sommes qui rapprocheraient l’Etat de sa nationalisation. Il ne devrait pas créer une "bad bank", structure bancaire publique de défaisance destinée à recueillir les titres "pourris" dévalorisés qui plombent la capacité des banques à relancer le crédit. Mais les mécanismes pour aider les établissements bancaires à surmonter leurs deux principales difficultés - leurs dettes et leur besoin urgent en liquidités - sont si difficiles à mettre en place que leur annonce, prévue pour lundi, a été reportée à mardi 10 février.

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Un autre élément a joué : une annonce prématurée du plan de sauvetage bancaire aurait pu interférer dans un mauvais sens sur le vote des sénateurs qui devrait avoir lieu, lundi, sur le plan de relance économique de plus de 800 milliards de dollars (620 milliards d’euros) que M. Obama juge "urgent". Les débats au Sénat restent vifs. Dimanche, le président avait accentué la pression sur les élus.

Durant le week-end, les rumeurs se sont succédé quant aux mesures que M. Geithner prépare. Du plan de 700 milliards de dollars adopté par l’administration Bush, dit TARP, une moitié reste à affecter. Mais les élus ont été inquiétés par le rapport d’une commission du Congrès, rendu public le 6 janvier, selon lequel le prix payé par l’Etat pour ses acquisitions s’avère supérieur de 22 % à 31 % à la valeur réelle des actifs.

La traçabilité des fonds remis aux banques s’avère floue. Les élus appellent le Trésor à "assurer la transparence dans le processus de sélection des bénéficiaires" et dans l’usage réel des fonds, avant de verser la seconde moitié du TARP.

Le nouveau plan de M. Geithner devrait contenir quatre volets : de nouvelles injections de fonds, un mécanisme de purge des avoirs bancaires "toxiques", des mesures pour relancer l’accès au crédit et une aide aux propriétaires endettés. Il devrait annoncer des conditions plus draconiennes dans les attributions de capital. Sur les 350 milliards qu’il reste à l’Etat à distribuer, de 50 à 100 devraient être destinés à aider les emprunteurs immobiliers insolvables à renégocier leurs prêts.

Au lieu d’une "bad bank" publique, il veut créer un organisme faisant appel au privé. La Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) prendrait en charge une grande part de l’apport de fonds, en prêtant aux investisseurs à des conditions très favorables agrémentées de garanties contre leurs pertes. Cette solution avait été utilisée en mars 2008, à une échelle qui paraît aujourd’hui minuscule, lors du rachat de la banque d’affaires Bear Stearns par JP Morgan. Elle offrirait l’avantage d’éviter au gouvernement d’avoir besoin d’un vote du Congrès.


SURVEILLANCE RENFORCÉE

Quant aux injections directes de capitaux, plutôt que des actions préférentielles des banques, l’Etat acquerrait des obligations convertibles en actions à échéance de sept ans. Enfin, Fannie Mae et Freddie Mac, les deux organismes de refinancement du crédit nationalisés de facto, devraient instaurer de nouvelles règles d’octroi des prêts auxquelles les banques seraient soumises. Et la FDIC, l’agence de contrôle des dépôts bancaires, verrait ses moyens de surveillance renforcés. Elle serait autorisée à contrôler les institutions financières non bancaires, comme les hedge funds, et à les démanteler si besoin.

Il est possible que M. Geithner annonce un accroissement du TARP, auquel le conseiller de M. Obama, Paul Volcker, ex-président de la Fed, est favorable. Selon diverses études, le coût de l’assainissement du secteur financier atteindrait 2 000 milliards de dollars.

Publié Le Monde 09/02/09


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