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Agencies de nouvelles

Pour le FMI le coût de la crise financière mondiale peut être plus de 4.000 milliards de dollars


par Agencies de nouvelles

22 avril 2009

La facture de la crise financière n’en finit pas d’enfler et le Fonds monétaire international estime que les banques du monde entier vont encore devoir lever des centaines de milliards de dollars pour retrouver une situation financière tout simplement correcte.

Dans son dernier "Rapport sur la stabilité financière mondiale", le Fonds arrive au chiffre astronomique de plus de 4.000 milliards de dollars.

Ce coût est celui qu’ont dû et vont devoir supporter l’ensemble des institutions financières en raison notamment de la baisse de la valeur des actifs qui garantissaient leurs crédits, comme l’immobilier.

Il additionne les pertes liées à des dépréciations d’actifs financiers américains (2.712 milliards de dollars), européens (1.193 milliards) et japonais (149 milliards), depuis le début de la crise financière à l’été 2007 et jusqu’en 2010. La précédente estimation, qui datait de janvier et ne prenait en compte que les actifs américains, se montait à 2.200 milliards.

Alors que les banques américaines ont publié ces derniers jours des résultats trimestrielles satisfaisants à première vue, le FMI laisse entendre que cette performance pourrait n’avoir été qu’un feu de paille.

Sur le coût d’ensemble de 4.054 milliards de dollars, le FMI estime que les banques en supporteront 61% au final (2.470 milliards). Sur la part qui leur reviendra, les deux-tiers doivent encore être passés dans leurs comptes.

Leurs finances n’y sont pas préparées, insiste le Fonds. "L’admission des pertes est incomplète et le capital est insuffisant dans un scénario de récession", met-il une nouvelle fois en garde.

Les banques vont donc encore devoir trouver des montants colossaux d’argent frais pour remettre leurs fonds propres à niveau.

Pour parvenir à retrouver des fonds propres correspondant à 1/25ème de leurs crédits, comme c’était le cas avant la dernière bulle, les banques américaines et européennes vont devoir respectivement rassembler 275 milliards et 600 milliards de dollars de capitaux nouveaux.

Si elles voulaient revenir aux normes prudentes qui prévalaient au milieu des années 1990 (1/17ème), le chiffre se monterait à respectivement 500 et 1.200 milliards.

Dans l’état actuel des marchés financiers, la tâche sera extrêmement difficile, alimentant le débat sur l’apport de nouveaux fonds publics et la nationalisation.

Le FMI n’y est pas hostile, comme l’avait prouvé le cas de l’Islande où les trois plus grandes banques du pays ont été nationalisées à l’automne.

Du fait de "l’incapacité actuelle (de certaines banques) d’attirer des capitaux privés", "une prise de contrôle provisoire par l’Etat peut être nécessaire, mais seulement avec l’intention de restructurer l’institution pour la faire revenir au secteur privé aussi rapidement que possible", écrit le Fonds dans son rapport.

Mais il juge cette solution comme celle de dernier recours, provisoire et devant s’accompagner de "stratégies claires de sortie".

"Nous ne recommandons pas le contrôle par l’Etat, mais il peut y avoir des circonstances où c’est effectivement la manière la plus efficace de stabiliser des institutions", a affirmé lors d’une conférence de presse le directeur adjoint de la division des marchés financiers du FMI, Jan Brockmeijer.

Le FMI a également lancé un appel aux grands argentiers des pays développés et émergents du G20, qui se réunissent vendredi à Washington, à poursuivre leurs efforts concertés.

Relevant "les premiers signes de stabilisation" du système financier mondial, l’institution souhaite "d’autres mesures énergiques et efficaces et une plus grande coopération internationale pour entretenir ce redressement, rétablir la confiance du public dans les institutions financières et normaliser les marchés".


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