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Premier Symposium international "Sur la dette publique, l’audit populaire et les alternatives d’épargne et d’investissement pour les peuples d’Amérique latine et des Caraïbes"


12 octobre 2006

Le premier symposium International sur "la dette publique, l’audit
populaire et les alternatives d’épargne et d’investissement pour les
peuples d’Amérique Latines et des Caraïbes" s’est tenu à Caracas le
22, 23 et 24 septembre 2006, et a compté avec la présence de spécialistes
d’Argentine, de Belgique, du Brésil, de Colombie, de Cuba, d’Equateur,
du Salvador, d’Haïti, du Pérou et du Venezuela qui ont analysé les
nouvelles conditions et les perspectives économiques et financières en
Amérique Latine. Ils ont présenté des rapports sur l’avancée et la
réalisation d’audits citoyens. Ils ont débattu et réfléchi sur les
expériences historiques des mouvements sociaux contre le paiement de la
gigantesque dette illégitime qui hypothèque le futur de la région.

Les peuples du Sud ne sont pas débiteurs mais créanciers
d’incommensurables dettes historiques, sociales, économiques et
écologiques accumulées par les pays du Nord. De là vient le rejet des
dettes externes et internes ainsi que du mécanisme pervers qui
assujettit les politiques publiques aux intérêts privés. Nous rejetons
ce système qui réduit les budgets, brade les patrimoines nationaux. Un
système qui empêche la satisfaction des demandes sociales et réduit
l’investissement public dans les infrastructures de base.

Les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes ont vécu ces dernières
décennies la répétition de crises financières cycliques qui ont
entraîné une profonde régression des conditions de vie, de travail, et
de développement pour les peuples. Chaque vague financière a été
accompagnée par des affirmations sur la "force" "des indicateurs
fondamentaux" (PIB en hausse, investissement du capital étranger,
confiance des investisseurs, hausse des réserves des banques centrales,
etc.) pour terminer, après la vague spéculative, en catastrophe
économique et financière.

Au delà d’une fragile sérénité dans certains pays, le panorama financier
régional est très influencé par la dynamique d’un contexte international
très fluctuant. Les nouvelles tendances doivent être méticuleusement
analysées. Le manque de résultats, l’incertitude et les pressions
rétrogrades anti-populaires doivent générer des réponses unitaires
puissantes.

Pour le moment, il existe aujourd’hui chez les peuples latino-américains
une conscience croissante des séquelles de l’imposition de l’endettement
public, des ajustements fiscaux et de l’application des recettes
néolibérales d’ouverture sans restriction du marché et des
privatisations. Le rejet de ces recettes met en évidence la nécessité de
rompre avec la dynamique capitaliste. De plus, le récent processus de
récupération apporte non seulement des inégalités économiques, mais
aussi d’ordre social. Le chômage structurel, la précarisation du travail
et la condamnation au désespoir atteignent des niveaux jamais égalés.
Ils contrebalancent l’amélioration d’indicateurs macro-économiques.

Voici venu l’heure d’une nouvelle intégration économique et financière
de l’Amérique Latine et des Caraïbes qui donne une priorité à
l’amélioration de la vie des peuples, à la complémentarité productive, à
la défense du travail et des richesses de la région.

Dans ce cadre, cette réunion internationale affirme que la proposition
lancée par le Venezuela d’une Banque du Sud est plausible et réalisable.
Ses objectifs doivent être en particulier : rompre la dépendance des
pays périphériques avec le marché financier international, canaliser
notre propre capacité d’épargne, empêcher la fuite des capitaux et
promouvoir l’attribution des ressources aux priorités d’un développement
économique et social indépendant, en changeant les priorités
d’investissement.

Nous affirmons qu’une Banque solidaire du Sud doit être une banque
alternative non seulement à la banque privée mais aussi aux entités
multilatérales comme le FMI, la Banque Mondiale, ou la Banque
Interaméricaine de Développement. La différence ne doit pas être
seulement rhétorique mais normative et opérationnelle en ce qui concerne :

a) Les sources de capitalisation et les mécanismes pour capter
l’épargne,

b) l’intégration et la conduite coopérative et égalitaire de
ses pays membres,

c) les priorités et conditions pour l’octroi de
crédits et de garanties,

d) la gestion transparente et le contrôle
démocratique et social de la gestion en lien avec ce qui est réclamé par
les mouvement pour l’Audit de la dette.

Dans cette perspective, les participants de ce Symposium International
se sont entendus pour :

1) dénoncer l’illégitimité de la dette et la nécessité d’un front
de pays pour le non-paiement de la dette.

2) Continuer l’appui aux mobilisations pour la réalisation d’audits
populaires et citoyens de la dette et des organismes multilatéraux de
crédits.

3) Renforcer le travail d’analyses et d’études de l’Observatoire
International de la Dette (OID).

4) Convoquer une réunion au Venezuela, les prochains 15 et 16
novembre pour préparer une proposition de matérialisation politique et
technique des initiatives de la Banque du Sud et du Fond Monétaire du
Sud.

Caracas, Venezuela, 24 septembre 2006

CADTM, Centre International Miranda, Jubilé Sud Amériques, Observatoire
International de la Dette


Tous les exposés sont disponibles en ligne en espagnol sur
le site de l’OID.


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