fr | en | es
A propos de l’OID | Liste des membres | Bulletin électronique | Contact | Accueil
.
Pierre Salama

UNE CRISE FINANCIÈRE STRUCTURELLE


par Pierre Salama

23 mai 2010

La crise actuelle est la plus profonde depuis celle des années 1930. Larvée depuis quelques années, la crise financière s’est développée avec force au second semestre 2008. L’effet de contagion a été particulièrement puissant et l’ensemble des économies dans le monde a été affecté. Leur système financier a été atteint puis, très rapidement, leur tissu industriel. Les PIB ont connu soit des taux de croissance négatifs, soit de forts ralentissements et le chômage a partout fortement
augmenté. Pourtant l’illusion se développe au début du second semestre 2009 qu’il serait possible de renouer avec la croissance durablement, y compris sans envisager une nouvelle architecture financière. Ces illusions sont portées par une nouvelle flambée des bourses 1, le retour des profits dans les institutions bancaires et financières, une volonté de leur part d’échapper aux contrôles de l’État en se désendettant auprès de lui, le versement consécutif à nouveau de bonus astronomiques aux traders, enfin un léger frémissement économique dans
de nombreux pays et une croissance malgré tout encore élevée de la Chine. Selon de nombreux pronostiqueurs, le retour à une croissance durable devrait avoir lieu
dès le dernier trimestre de 2009, voire au début de 2010. À l’inverse, d’autres économistes, plus lucides, se rappelant que la crise des années 1930 avait duré
presque une décennie, insistent sur le profil de la crise qui, au lieu d’avoir une allure en V ou en L, devrait connaître une évolution en WW voire en VL.

Au-delà de ces interrogations sur la durée de la crise et son cycle, il reste que l’interrogation principale est de savoir si la crise a une origine financière stricto
sensu ou bien si les globalisations commerciale et financière ont conduit ou non à des modifications radicales - différentes selon les pays - des conditions de
valorisation du capital.

L’hypothèse que nous faisons ici est que la crise n’est pas due aux dysfonctionnements des marchés financiers internationaux dans les pays industrialisés. Ils
sont certes loin d’être anodins et l’essor de produits financiers, de plus en plus complexes ces 10 ou 15 dernières années, les a accrus sensiblement . Mais ces
dysfonctionnements, fussent-ils considérables, n’expliquent pas la crise et sa gravité. Ils n’ont fait que précipiter celle-ci et l’amplifier.

Publié : Hors-série, Revue Tiers Monde Armand Colin, 2010

Texte intégral

PDF - 617.6 ko
Pierre Salama- Une Crise Financiere Structurelle


^^^
Ce site est hébergé par |DOMAINE PUBLIC|, serveur indépendant et autogéré, et
est réalisé avec le système de publication |SPIP|, sous LICENCE DE LOGICIEL LIBRE (GPL).
.