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Pierre Salama

Une croissance tirée par le marché intérieur comme réponse à la crise en Argentine et au Brésil : une utopie mobilisatrice ?


par Pierre Salama

12 juillet 2010

A la différence de la crise des années quatre vingt, la crise de 2008 est moins le produit de difficultés in-ternes que de la contagion d‟une crise dont l‟origine se situe dans les pays développés. En ce sens, elle se rapproche de la grande crise des années trente. A la différence également de la crise des années quatre vingt et de celle des années trente, bien que profonde, la crise de 2008 est pour l‟instant apparemment d‟une durée relativement faible, puisque la reprise est relativement vive dès la fin de 2009. Il convient ce-pendant d‟être prudent : en l‟état actuel de la crise internationale, on ne peut qu‟être sceptique quant à la durabilité de cette reprise tant que l‟architecture internationale n‟aura pas été redéfinie. Reprise fragile, certes, mais à l‟égal de la crise des années quatre vingt et surtout de celle des années trente, le « vécu » de la crise se manifeste par une mutation des structures productives, difficile à lire au présent, de nature à modi-fier également les modes de gouvernance.

Face à la crise des qui se déploie en 2008, les politiques contracycliques décidées rompent avec la philoso-phie du Washington Consensus. La dépense publique augmente et l‟excédent primaire du budget (différence entre les recettes et les dépenses hors paiement des intérêts) est réduit. Les fortes hausses du salaire mini-mum et leurs effets induits sur le montant des pensions, l‟augmentation du nombre de bénéficiaires de la bourse famille au Brésil, la mise en place de l‟AUH (allocation versé aux familles pauvres et modestes ayant des enfants de moins de 18 ans) en Argentine dès la fin de 2009, - plus important en termes de points du Pib (0,58%) que la bourse famille au Brésil (0,37%) ou le plan « Oportunidad » au Mexique (0,31%) - dynamisent la demande intérieure et expliquent en grande partie la reprise économique assez vive qu‟on observe en 2010.. Peut-on considérer que la crise internationale produise, de manière souter-raine, une accélération d‟un processus déjà entamé avec la légère diminution des inégalités observées de-puis 2005, ou bien, plus pessimiste, peut-on penser qu‟il ne s‟agit que de balbutiements et qu‟une fois l‟illusion de la reprise confirmée, le modèle excluant antérieur, certes un peu aménagé, revienne en force ?. Le retour du Marché intérieur, utopie mobilisatrice, ou le retour au modèle précédent, plus ouvert, moins vulnérable mais plus fragile (Salama, 2009, 2010).

L‟objet de cet article est de s‟interroger si, après des années d‟ouverture croissante, un nouveau régime de croissance centré sur une répartition des revenus plus équitable et un essor consécutif du marché intérieur, a de sérieuses chances de contribuer à une reprise durable de la croissance. Aller au-delà imposerait une réforme fiscale, une atteinte aux revenus des plus puissants et alimente déjà, en Argentine, des conflits d‟intérêt importants.

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Pierre Salama : Une croissance tirée par le marché intérieur comme réponse à la crise en Argentine et au Brésil...


Pierre Salama : Professeur des Universités, Université de Paris XIII, adresse e-mail : salamapierrealbert@yahoo.fr, site : http://perso.wanadoo.fr/pierre.salama/


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